L'interdiction de TikTok arrive à la Cour suprême aujourd'hui. Voici ce qu'il faut savoir sur l'affaire.

L'interdiction de TikTok arrive à la Cour suprême aujourd'hui. Voici ce qu'il faut savoir sur l'affaire.

L'interdiction de TikTok arrive à la Cour suprême aujourd'hui. Voici ce qu'il faut savoir sur l'affaire.

La décision historique de la Cour suprême sur TikTok

Le 17 janvier 2025, la Cour suprême des États-Unis a rendu une décision per curiam dans l'affaire TikTok, Inc. v. Garland, confirmant à l'unanimité la loi sur la protection des Américains contre les applications contrôlées par des adversaires étrangers (PAFACA). Cette loi exige que TikTok soit cédé par sa société mère chinoise, ByteDance, avant le 19 janvier 2025, sous peine d'être interdit aux États-Unis. L'arrêt de la Cour, rendu quelques jours seulement après les plaidoiries du 10 janvier, souligne les préoccupations urgentes de sécurité nationale invoquées par le Congrès.

La décision reconnaît le rôle de TikTok en tant que plateforme d'expression pour plus de 170 millions d'Américains, mais s'en remet au jugement législatif concernant les menaces sécuritaires. En confirmant l'arrêt antérieur de la Cour d'appel du circuit de D.C., la Cour suprême a établi un précédent important sur la manière dont les droits du Premier amendement sont mis en balance avec les intérêts gouvernementaux à l'ère numérique.

Comprendre la loi sur la protection des Américains contre les applications contrôlées par des adversaires étrangers

Promulguée en avril 2024, la PAFACA est une réponse législative ciblée aux menaces perçues provenant d'applications contrôlées par des adversaires étrangers, TikTok étant sa cible principale. La loi interdit la distribution de telles applications aux États-Unis, à moins qu'elles ne subissent une « cession qualifiée » pour rompre les liens avec une propriété adverse. Pour TikTok, cela signifiait trouver un nouveau propriétaire approuvé par le gouvernement américain dans un délai strict de 270 jours.

Le Congrès a justifié la PAFACA en citant les risques de collecte de données et de manipulation clandestine du contenu par la République populaire de Chine. La loi est neutre quant au contenu en apparence, s'appliquant quel que soit le type de contenu sur la plateforme, ce qui est devenu un point central du débat constitutionnel. Son caractère étroitement adapté à des intérêts spécifiques de sécurité nationale a été déterminant pour sa survie devant les tribunaux.

Le défi du Premier amendement et l'examen juridique

TikTok et ses utilisateurs ont soutenu que la PAFACA viole le Premier amendement en interdisant de fait une plateforme majeure d'expression. Ils ont fait valoir que la loi impose une charge disproportionnée à la liberté d'expression, d'autant que la cession était commercialement irréalisable dans les délais, conduisant à une interdiction effective. Les requérants ont plaidé pour un examen strict, le plus haut niveau de contrôle judiciaire pour les restrictions à la liberté d'expression.

À l'inverse, le gouvernement a affirmé que la loi est neutre quant au contenu, régulant la propriété plutôt que l'expression, et devrait donc être soumise à un examen intermédiaire. Ce standard inférieur exige que la loi soit étroitement adaptée pour servir un intérêt gouvernemental important. La Cour d'appel du circuit de D.C., puis la Cour suprême, ont adopté ce point de vue, en partant du principe que l'examen intermédiaire s'appliquait.

Préoccupations de sécurité nationale contre droits à la liberté d'expression

L'argumentaire du gouvernement reposait sur les risques pour la sécurité nationale, notamment l'accès potentiel de la Chine aux données sensibles de 170 millions d'utilisateurs américains de TikTok. Des éléments de preuve suggéraient que la Chine s'était engagée dans des efforts pour accumuler des ensembles de données sur des personnes américaines à des fins de renseignement. Bien que TikTok ait proposé des alternatives comme le « Projet Texas » pour atténuer les risques liés aux données, le Congrès les a jugées insuffisantes.

Les critiques, y compris des juristes, ont soutenu que le gouvernement avait fourni peu de preuves publiques pour étayer des menaces imminentes ou démontrer que des mesures moins restrictives étaient inadéquates. Cette tension entre les impératifs de sécurité et les protections de la liberté d'expression définit le conflit central, la Cour finissant par s'en remettre aux évaluations législatives du risque.

Le raisonnement de la Cour et la décision unanime

Dans son avis non signé, la Cour suprême a souligné le contexte nouveau des « nouvelles technologies aux capacités transformatrices », conseillant la prudence. La Cour a appliqué l'examen intermédiaire, estimant que la PAFACA sert un intérêt important en empêchant la collecte de données par des entités étrangères et est étroitement adaptée. Elle a noté que la loi cible le contrôle par un adversaire étranger, et non le contenu des discours, et que la cession répond à la préoccupation fondamentale.

L'arrêt a affirmé que le Congrès a l'autorité de traiter les menaces à la sécurité nationale par de telles mesures, même si elles affectent indirectement la liberté d'expression. La Cour a déclaré qu'il n'était pas de son rôle de remettre en question la voie réglementaire choisie par le gouvernement si elle est constitutionnellement solide, renforçant ainsi la déférence judiciaire dans les questions de sécurité.

Opinions concordantes et nuances judiciaires

Les juges Sonia Sotomayor et Neil Gorsuch ont déposé des opinions concordantes, ajoutant de la profondeur à la décision. Sotomayor a soutenu que la Cour aurait dû explicitement statuer que la PAFACA implique les droits du Premier amendement, plutôt que de le supposer pour l'analyse. Elle estimait que cette esquive pourrait créer un précédent problématique pour les affaires futures.

Gorsuch, tout en étant d'accord avec le résultat, a estimé qu'un examen strict aurait peut-être été plus approprié, mais a constaté que le gouvernement satisfaisait même à ce standard plus élevé. Il a souligné le caractère dramatique du remède, mais l'a soutenu sur la base du dossier des négociations infructueuses et des risques substantiels. Ces concordances reflètent les débats en cours sur le niveau approprié de contrôle dans les affaires de liberté d'expression impliquant la sécurité nationale.

Implications pour les réseaux sociaux et la réglementation future

La décision TikTok indique une volonté des tribunaux de maintenir des réglementations neutres quant au contenu qui traitent des risques liés à la propriété étrangère, même avec des implications significatives pour la liberté d'expression. D'autres plateformes de médias sociaux, notamment celles ayant des liens étrangers, pourraient faire face à un examen similaire. Cependant, l'accent étroit de la Cour sur les circonstances spécifiques de TikTok laisse une marge d'interprétation pour les affaires futures.

À l'avenir, cet arrêt pourrait inspirer davantage de législation ciblant les applications contrôlées par des entités étrangères, équilibrant innovation et sécurité. L'interaction entre les actions exécutives, comme des annulations potentielles, et la loi du Congrès façonnera le paysage réglementaire. À mesure que la technologie évolue, les cadres juridiques régissant la liberté d'expression sur la place publique numérique évolueront également, garantissant que la sécurité nationale et les droits constitutionnels restent en tension dynamique.

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